La bestialité humaine
Voici la belle princesse qui se prépare ;
cette nuit sera,
pour ainsi dire…spéciale.
Toute l’agitation de cette journée
l’a énormément contrariée.
Et devant sa glace, ses cheveux,
la belle princesse coiffe.
Elle revoit encore toutes les images
De son magnifique mariage :
-arrangé-.
Elle ne connaît de son prince ;
ni son visage,
ni son charme.
(Et pourtant cette nuit elle sera sienne !).
Cette belle pucelle
attend cette nuit, son prince,
Elle n’a entendu de lui que quelques paroles,
les mots que le protocole
autorise aux jeunes hommes :
- Je viens Monsieur Le Roi,
d’un pays lointain,
demander de votre fille, la main !
Quelques heures auparavant,
à l’Église,
la belle princesse, la belle pucelle ;
essayait d’apercevoir les traits
de son mystérieux prétendant,
…Mais cela fut en vain :
toute cette lumière ;
éblouissait son regard
de vierge jeune demoiselle.
-Oui, je le veux !-.
Oui… cette phrase condamnait
la jeune petite fille ;
à devenir reine, femme, mère…
Répétant inconsciemment la douce phase
qu’elle avait si bien appris ;
la princesse offrait :
sa vie, sa pureté, sa douceur
à cet inconnu si étrange.
Néanmoins, la princesse put entrevoir
les yeux noirs de son prince
lorsque leurs lèvres,
pour la première fois se frôlaient.
Cependant, en sortant de l’Église,
aucun moment ne leur fut accordé :
il fallait, en effet,
remercier les invités.
A la lueur d’une chandelle,
inquiète, attendait la princesse,
demandant à son miroir
de préserver inextinguible :
sa jeunesse.
Épuisée de tant attendre,
la princesse se dit :
-dans mon lit
j’attendrai mon mari-.
Et la douceur de ses draps ;
délicatement déposa
dans les bras de Morphée,
la petite princesse.
Alors, sans le moindre bruit
la porte, doucement s’ouvrit ;
et dans le lit de notre pucelle
un corps froid s’introduisit.
Lentement des mains masculines,
caressaient ses longs cheveux :
et la chandelle
(depuis longtemps éteinte)
aidait le désir à se transfigurer.
Une respiration saccadée,
et le frôlement d’une bouche
entre les ombres :
réveillèrent la princesse
de son songe.
La lumière des étoiles pénétrait
par une infime ouverture de la fenêtre ;
de sorte que la princesse put entrevoir :
des scintillants yeux noirs.
Apeurée, ses yeux, elle ferma :
et suivant son instinct,
machinalement ses jambes écarta.
Un souffle infernale envahit alors :
son corps.
Et la « bestialité de l’Homme »,
(ou plutôt… devrions-nous dire :
« l’humanité de la bête »)
se déchaina sur notre belle princesse qui
sans aucun bruit, mais non sans douleur :
accueillait cet homme énigmatique
dans les profondeurs
de son enveloppe charnelle.
Dans son lit, de rouge sang taché ;
avec son corps et son âme
déchirés,
la petite princesse tremblait.
A cet instant précis,
la lumière, dans la chambre, se fit,
mais cela ne dura guère longtemps :
Car lorsque le prince vit
dans les bras d’un étranger,
SA princesse :
la chandelle qu’entre ses mains
le véritable prince tenait :
glissa, brûlant ainsi les nombreux tapis
qui la chambre décoraient.
-Et personne ne survécut.
A présent, c’est à vous de choisir
-qui êtes vous ? :
princesse, qui machinalement subit,
prince, qui le protocole suit,
ou étranger, qui à son désir obéit ?
Astérion
Par les-detestables, Samedi 19 Avril 2008 à 21:46 GMT+2 dans Ma rubrique (article, RSS)





